Compte rendu CAPA classe exceptionnelle certifiés ( 11 juillet 2019)

COMPTE RENDU DE LA CAPA CLASSE EXCEPTIONNELLE DES CERTIFIÉS
11 juillet 2019

En 2019 le contingent pour la classe exceptionnelle des certifiés est de 268 dont 227 au vivier 1 et 41 au vivier 2 . Or, l’académie de Paris n’a promu que 140 professeurs au vivier 1 , rendant donc 87 promotions au ministère , malgré les protestations de tous les syndicats !!!
Au vivier 1 , il y a eu 20 % d’avis excellents , 30 % d’avis très satisfaisants et 50 % d’avis satisfaisants ou insatisfaisants.
Au vivier 2 , il y a eu 5 % d’avis excellents et 45 % d’avis très satisfaisants .
A égalité de barème , les discriminants sont : l’ancienneté dans le corps , puis l’ancienneté dans l’échelon , puis l’âge .
Pour ce qui est des avis recteur , ce sont les inspecteurs qui font une proposition d’avis recteur( non visible sur i-prof , à demander aux commissaires paritaires du SNALC )  aux services du rectorat en fonction des appréciations littérales de l’inspection et du chef d’établissement ( visibles sur i-prof ). Cette année , les inspecteurs n’ont pas donné tous les avis excellents ou très satisfaisants dont ils disposaient !!!
Quant aux appréciations littérales  pour la classe exceptionnelle , elles sont soit reconduites , soit modifiées par le chef d’établissement ou l’inspection à qui on peut demander une visite . Ces visites sont difficiles à obtenir mais légitimes si votre dernière inspection remonte à plus de 5 ans . En cas de difficulté , vous adresser au SNALC qui relaiera votre demande.
Concernant la candidature au vivier 1 , il faut lire avec attention la circulaire académique classe exceptionnelle où il y a un vade-mecum qui aide à bien valider les différents éléments permettant d’accéder à ce vivier . Surtout ne pas oublier de joindre les pièces justificatives et prendre contact avec le SNALC en cas de problème informatique pour déposer ces pièces ou en cas de doute concernant la dénomination des fonctions qui rendent éligible au vivier 1. A noter cette année les modifications suivantes pour les critères du vivier 1 : l’enseignement en BTS ne sera plus pris en compte mais le tutorat des professeurs stagiaires ( à l’exclusion des autres types de stagiaires ) le sera.

Les syndicats s’élèvent tous contre la promotion de jeunes collègues qui vont bloquer la classe exceptionnelle dont le contingent n’est que de 10 % du corps des certifiés .
Pour sa part , le SNALC réaffirme son opposition au PPCR dans le cadre duquel s’inscrit cette campagne.
En effet, face à l’allongement des carrières, il aurait fallu rajouter des échelons à la Hors Classe ce qui aurait permis de promouvoir 30% de professeurs au grade le plus élevé. Au lieu de cela, la création de la classe exceptionnelle ne profite qu’à 10% de professeurs promouvables au grade le plus élevé.
En outre, le PPCR a rendu l’accès aux inspecteurs très difficile pour les professeurs qui ne peuvent plus demander d’inspection et qui doivent se contenter de rendez-vous de carrière bien trop peu nombreux et qui parfois ne sont d’ailleurs même pas honorés.
Le SNALC demande donc que tous les rendez-vous de carrière aient effectivement lieu et qu’un 4ème rendez-vous de carrière soit créé pour les professeurs entrant au second vivier de la Classe Exceptionnelle des certifiés. En effet, trop de collègues consciencieux sont laissés pour compte au vivier 2, c’est pourquoi le SNALC souhaite également pour y remédier un rééquilibrage de 60% de promotions pour le vivier 1 et de 40% pour le vivier 2 .
Enfin, pour ne pas encombrer le vivier 2 avec des collègues éligibles au vivier 1, le SNALC propose de ne pas les promouvoir au titre du vivier 2 et demande d’envisager un amendement à la circulaire précisant que « les collègues éligibles au vivier 1 doivent faire acte de candidature à ce titre et ne seront pas éligibles au vivier 2 ».
Par ailleurs, notre syndicat a toujours demandé qu’il y ait plus d’inspecteurs .Ce recrutement d’inspecteurs rendrait  possible un 4ème rendez-vous de carrière ainsi que l’existence d’une contre-inspection lorsqu’un rendez-vous de carrière n’a pas eu une issue favorable pour un professeur.
Concernant les critères permettant d’accéder au vivier1 de la Classe Exceptionnelle, ils posent aussi problème pour plusieurs raisons :

  • Premièrement : les professeurs exerçant ou ayant exercé dans des établissements difficiles mais n’étant pas étiquetés comme tels , pour des raisons uniquement budgétaire ou de réputation pour un établissement, ne peuvent pas prétendre au vivier 1 de la Classe Exceptionnelle alors même qu’ils ont déjà été pénalisés par l’absence d’étiquetage en n’ayant ni prime ,ni moyens de surveillance en plus, ni effectifs de classe allégés.
  • Deuxièmement : les professeurs dont la discipline ne s’enseigne qu’en lycée  ne peuvent se prévaloir des 8 années d’exercice en établissement étiqueté comme difficile.
  • Troisièmement : l’enseignement en BTS n’aurait pas dû être sorti du dispositif du vivier 1
  • Enfin, un élargissement des missions nécessaires pour être éligible au vivier 1 doit être envisagé. Pourquoi  ne pas retenir l’organisation de voyages à l’étranger, la participation au CVC, au CVL ou au CA, les partenariats avec les théâtres, les résidences d’artistes et autres projets annuels dont peuvent être porteurs des professeurs sur de longues années de dévouement et d’implications ?

Pour conclure, sous couvert d’une entrée qualitative mais avec des critères beaucoup trop restrictifs et non atteignables par l’ensemble des professeurs, la classe exceptionnelle ne sert qu’à faire des économies sur leur dos.
Le SNALC estime que la Classe Exceptionnelle doit être le couronnement d’une longue carrière bien remplie ,et , à ce titre, nous souhaitons que soient retenus pour l’accès au vivier 1 un âge minimum de 52 ans et pour l’accès au second vivier 2  l’âge de 60 ans.

L’administration se refuse à prendre en compte des critères d’âge pour la classe exceptionnelle , surtout pour les avis excellents et très satisfaisants , tout au plus elle consent à écarter de la promotion les professeurs ayant un avis satisfaisant nés après 1969 inclus et à revaloriser les avis  très satisfaisants des professeurs proches de la retraite en avis excellents  au vivier 2.

Le DRH insiste sur le fait que la classe exceptionnelle doit valoriser un parcours remarqué et une valeur professionnelle  exceptionnelle alors que la hors classe privilégie l’ancienneté . La proximité de la retraite d’un professeur est certes à prendre en compte pour sa promotion à la classe exceptionnelle mais cela ne doit pas faire perdre de vue la qualité de l’agent.
Enfin , pour répondre aux protestations contre le fait que l’académie de Paris n’a pas utilisé toutes les possibilités de promotions dont elle disposait , le DRH dit qu’il faudra mettre en place un ratio promus / promouvables qui n’existe pas encore.
Kathy Turoche, commissaire paritaire pour les certifiés.

Déclaration liminaire CAPA classe exceptionnelle Agrégés 2019

DECLARATION LIMINAIRE

CLASSE EXCEPTIONNELLE AGREGES

CAPA du VENDREDI 28 juin 2019 15h30-17h30

 

  1. le Directeur d’académie,
  2. le Directeur des ressources humaines,

Messieurs et Mesdames les inspecteurs,

Messieurs les chefs de services,

 

Je voudrais commencer par un rappel du contexte conflictuel inédit dans lequel se tient cette commission.

En dépit de la forte mobilisation du 17 juin, premier jour de surveillance du baccalauréat, le ministre est demeuré campé obstinément sur ses positions. La grève a été suivie dans la plupart des centres d’examen mais le Ministre n’a répondu que par le mensonge sur le nombre des grévistes et la provocation.
C’est pourquoi une poursuite des actions a été décidée par la voie d’assemblées générales : reconduction de la grève des surveillances, rétentions des notes du baccalauréat… Le SNALC soutient ces actions.

Le SNALC unit sa voix à celle de l’intersyndicale et appelle les personnels à continuer de se battre pour :
*une revalorisation significative des rémunérations ;
*le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;
*le retrait de la loi Blanquer et du projet de loi « Fonction publique » ;
*des créations et non des suppressions de postes.

 

A cet effet, des préavis de grève sont déposés sur toute la période des examens et concours.

Le 1 et 2 juillet nous appelons à la grève des surveillances du brevet des collèges. Ce sera un nouveau temps fort de ce combat pour réclamer une revalorisation des rémunérations des personnels, défendre leur représentation au sein des instances paritaires, obtenir le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat.

 

Pour revenir à l’objet de cette CAPA, qui est l’évaluation et la promotion des collègues agrégés hors classe à la classe exceptionnelle, le SNALC propose un 4erendez-vous de carrière pour évaluer les professeurs du 2ndvivier notamment, moins connus de l’inspection, et ainsi repérer les collègues sérieux, méritants, appliqués et dévoués, qui bien souvent ont une charge de travail importante qui les empêche d’avoir « un rayonnement académique ».

A ce sujet, trop de collègues consciencieux sont laissés pour compte au 2ndvivier et le SNALC propose pour y remédier un REEQUILIBRAGE 60% – 40% pour les deux viviers afin de desserrer l’étau qui pèse sur le deuxième vivier offrant trop peu de chances de promotion, laissant ainsi un sentiment d’injustice et d’amertume pour les collègues exemplaires, sérieux et investis, qui voient cette nouvelle promotion leur passer sous le nez, comme si elle n’avait été créée que pour des profils de jeunes collègues dynamiques et dans l’air du temps sur le plan de l’expérimentation pédagogique.

Pour ne pas encombrer le vivier 2 avec des collègues qui SONT ELIGIBLES au vivier 1, le SNALC propose de ne pas les promouvoir au titre vivier 2 et demande d’envisager un amendement à la circulaire précisant que « les collègues éligibles au vivier 1 DOIVENT faire acte de candidature à ce titre et ne seront pas éligibles au 2eVivier ».

Par ailleurs, notre syndicat a toujours demandé et demande toujours plus d’inspecteurs, notamment dans certaines disciplines (en particulier les sciences humaines) pour affiner la connaissance des collègues et de leur travail, afin de ne pas laisser de côté des professeurs discrets mais très travailleurs et très dévoués. Une augmentation significative d’effectifs d’IA-IPR permettrait de mieux réaliser le véritable travail d’orfèvrerie que devrait être tout Tableau d’Avancement digne de ce nom, afin de ne léser personne et de bien distinguer les mérites comparés de chacun.

A cet égard, sans remettre en cause la compétence des services qui font un travail remarquable, nous ne pouvons que déplorer le sentiment de précipitation et de retard permanent pour l’établissement dudit tableau, en souhaitant que les avis soient mis plus en amont et les listes éditées bien à l’avance. Nous ne pouvons que demander un temps plus long (d’une quinzaine de jours environ) pour examiner en profondeur la multitude de dossiers.

Qu’appelle-t-on en effet « exceptionnel » ? Est-ce un professeur qui a un certain talent pédagogique, qui a eu la chance de se voir confier des missions ou un professeur académiquement exigeant, corrigeant ses copies avec rigueur dans des délais tenus, œuvrant au quotidien avec constance pour sa discipline sans fléchir ni faillir au fil de nombreuses années ? Existe-t-il un professeur exceptionnel-type qui serait par exemple un caméléon de la pédagogie, capable de s’adapter en un temps record à toutes les réformes et au vocabulaire étrange qu’elles font naître (enseigner par ilots en classe inversée avec support de TNI, placer les élèves en autonomie en situation d’écrivants, favoriser la pédagogie différenciée en individualisant les consignes) ?

Le SNALC s’insurge contre la discrimination liée à l’âge tendant à valoriser les plus jeunes collègues brillants ou habiles, au détriment des seniors porteurs d’expérience et d’expertise.

Plus profondément, le SNALC propose une sorte de renversement copernicien, pour requalifier la classe exceptionnelle en « COURONNEMENT DE CARRIERE » et non comme une récompense plus ou moins ponctuelle pour services rendus aux inspecteurs ou à l’institution. Nous ne trouvons pas normal d’octroyer cette distinction suprême vers 45 ans à des collègues qui ont œuvré sur certaines missions pendant 4 ou 5 ans. A la place, nous proposons que ces services rendus, que nous ne voulons pas minimiser, au contraire, soient plus justement récompensés par des IMP spéciales accordées en proportion du travail accompli.

A cet effet, nous aimerions que soient retenus, au premier vivier, un âge minimum de 52 ans, voire 55 ans, et au second vivier l’âge de 60 ans, pour avoir une vue d’ensemble sur une carrièredéjà bien déroulée et en considérant l’allongement progressif du départ en retraite, afin que la classe exceptionnelle, génératrice de dépense de deniers publics, ne soit pas octroyée pour plus de dix ans environ (et non 20 ans actuellement).

 

Quant aux critères d’admission au premier vivier, loin d’accepter la sortie des classes de BTS du dispositif, le SNALC souhaite un élargissement des missionset des éléments de sélection : pourquoi ne pas retenir l’organisation de voyages à l’étranger, la participation au CVL, au CA, les partenariats avec des théâtres, les résidences d’artiste et autres projets annuels dont peuvent être porteurs des professeurs sur de longues années de dévouement et d’implication ?

 

Enfin, pourquoi ne pas reconnaître également la créativité et l’excellence académiqueen sélectionnant au vivier 1 prioritairement lesprofesseurs titulaires d’un doctorat, ou bien auteurs de publications, qu’elles soient universitaires ou de création artistique, tel un professeur de lettres qui publie des romans et qui invite des écrivains pour rencontrer ses élèves, qui favorise la lecture d’auteurs contemporains dans des clubs de lecture, participant ainsi au rayonnement de sa discipline ? L’ouverture culturelle et l’organisation de projets annuels, ainsi que la notion de transversalité, devraient faire partie des critères du vivier 1.

 

Le SNALC est un syndicat humanistequi œuvre pour une reconnaissance impartiale et juste du travail de chacun en donnant une place toute particulière à l’excellence académique validée par les plus hauts diplômes et par une activité de recherche universitaire en cours, qui ne peut que rejaillir sur les élèves en leur donnant des savoirs approfondis, toujours actualisés, ainsi qu’une appétence pour la curiosité intellectuelle.

 

Le Commissaire paritaire académique SNALC

Charles Ammirati